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[COVID-19] Nos apprenants se mobilisent et témoignent

26/05/2020

Témoignage apprenant

Depuis le début de la crise, nos équipes pédagogiques et administratives ne sont pas les seules à se mobiliser.

Les apprenants aussi sont fortement mobilisés. Nombre d'entre eux sont sur le terrain, aux côté des équipes soignantes pour apporter leur aide et leur soutien en cette période si particulière.

Ils sont en première ligne et nous souhaitons mettre en valeur leur mobilisation. Découvrez leurs témoignages.

Morgane, élève technicienne de l'intervention sociale et familiale à l'institut de formation de Moulins

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ?

Témoignage - M.VARENNE

Je suis en formation de technicienne de l’intervention sociale et familiale à l’institut Croix-Rouge de Moulins. Au début de la crise, mon stage a été interrompu et je suis passée, comme le reste de ma promotion, en formation à distance. J’ai souhaité, en parallèle, apporter mon aide volontairement à des structures qui avaient besoin de bénévoles. C’est ainsi que j’ai effectué des missions avec la protection civile. L’association intervient en EHPAD et dans des centres d’hébergement d’urgence pour la distribution de repas et la veille au respect des distances de sécurité. Ces structures avaient besoin de renforts pour faire appliquer les gestes barrière.

En complément de cette mission, je me suis portée volontaire pour réaliser des masques via le site jesoutiensmaregion.com. J’ai ainsi reçu un kit pour fabriquer 50 masques qui sont ensuite revendus par l’entreprise qui fournit la matière première, à prix coutant.

Pourquoi avoir choisi de vous mobiliser ?

J’ai choisi de me mobiliser et de me rendre utile par conviction. Je l’ai aussi fait pour moi, car rester confinée me paraissait difficile. J’ai conscience que les professionnels des secteurs sanitaire et social sont en difficulté. En tant qu’élève en formation sociale, j’avais conscience des situations complexes que peuvent rencontrer des usagers dans le besoin. Je souhaitais apporter ma contribution, à mon niveau.

Au cours de mes mobilisations avec la protection civile, j’ai constaté que les usagers étaient contents de nous voir. Notre présence est appréciée et cela se voit dans leur attitude et leur comportement avec nous. Ils créent le lien et cela n’est pas habituel. On se sentait accepté.

Quel bénéfice tirez-vous de cette expérience ?

J’ai apprécié cette expérience et je le referai sans hésiter. J’ai fait le choix d’être actrice durant cette crise car cela me paraissait logique au regard de mon orientation professionnelle. Cette mobilisation a été bénéfique et aidante dans mon parcours de formation. Découvrir le centre d’hébergement m’a vraiment donné envie de faire un stage dans ce domaine pour aller plus loin.

Fati, 3e année de soins infirmiers à l'institut de formation de Grenoble

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ?

Témoignage - F.DUPLOYE

L’école a invité les apprenants qui le souhaitent à se mobiliser auprès des établissements en difficulté. C’est de manière volontaire et bénévole que j’ai apporté mon aide à un EHPAD de l’Isère.

J’ai rejoint une équipe déterminée mais moralement fatiguée. Mon arrivée a été vécue comme une bouffée d’air et a eu un impact positif sur le moral des soignants. Le quotidien en cette période est intense : les soignants doivent être d’une grande disponibilité dans un contexte de vigilance accrue. Nous devons être constamment sur nos gardes pour nous protéger, protéger les résidents et nos collègues.

Pouvez-vous nous parler du quotidien des soignants à l’EHPAD ?

Faire des soins en tenue d’isolement et en étant sur couvert complexifie la tâche et demande aussi plus de temps pour que la qualité soit toujours au rendez-vous. Cela a nécessité une grande réorganisation au sein des équipes. Le planning a été revu pour tous les soignants afin d’assurer une continuité des soins et d’apporter un meilleur regard sur les évolutions.

J’ai été agréablement surprise par les moyens alloués dans l’EHPAD. L’hygiène a une place prépondérante dans notre quotidien.
Du jour au lendemain, les résidents qui avaient l’habitude d’aller manger en salle et de bénéficier de temps collectifs se retrouvent en chambre, sans visite. Il a fallu les rassurer. Ils étaient surpris et inquiets de nous voir autant équipés, d’être isolés et de nous voir instaurer cette distanciation alors qu’habituellement il y a plus de proximité. Les temps collectifs sont précieux pour ces personnes. Le repas n’est plus un instant partagé mais individuel. Il a fallu dédramatiser cette situation. Différentes formes de communication ont trouvé leur place pour pallier à la présence physique : les appels, les visios, les lettres.

C’est toute une structure qui s’est réorganisée : de l’ASH qui nettoie les chambres aux soignants en passant par les cuisines. Dans ce contexte, le prendre soin a pris une autre dimension. Une dimension humaine est venue se greffée à la dimension du soin.

Pourquoi avoir souhaité de vous mobiliser ?

J’ai pratiqué le métier d’aide-soignante durant de nombreuses années mais le contact et le relationnel n’étaient pas assez présents. C’est ce qui a motivé mon projet d’évolution vers le métier d’infirmier. Choisir la Croix-Rouge française pour effectuer ma formation n’est pas anodin. L’emblème de la Croix-Rouge est important à mes yeux. Je l’associe à l’humanitaire et l’engagement. Des valeurs qui me parlent car j’œuvre aussi dans le milieu associatif sur le plan humanitaire.

Le contexte sanitaire a réveillé une connaissance de ce type de situation par le biais de mon engagement associatif. J’ai une compétence et des savoirs et je savais que j’avais ma place et que je pouvais apporter ma contribution.

Maman de 4 enfants, j’étais torturée entre le souhait de protéger mes enfants ou d’être une femme complète et  de m’investir. Je ne concevais pas d’être dans une formation comme celle-ci, à ce stade de la formation, sans en faire bénéficier des soignants. En tant qu’étudiante infirmière, c’était inconcevable pour moi de rester à la maison. Il fallait maintenir la solidarité dans les soins et être soudé dans les équipes.

J’ai senti de la présence et du soutien de la part de l’école. Ça me conforte dans mon choix d’orientation. L’école nous a accompagné dans notre mobilisation et était vraiment présente.

Votre mobilisation a-t-elle eu un impact sur votre quotidien ?

J’ai adapté mes pratiques pour ne faire courir aucun risque à mes enfants. Quand je quitte mon poste, j’enlève ma tenue et je prends une douche sur place. Je mets ma tenue de civile et je me douche de nouveau en arrivant sans contact avec mes enfants. Je prends les transports en commun donc en sortant de l’EHPAD je m’expose de nouveau. Je me sentais plus sereine en respectant ce protocole.
Quand j’arrive, je préviens mes enfants pour qu’ils ne m’approchent pas et qu’ils me préparent un sac pour les vêtements afin d'éviter tout contact.  

Nassira, 1re année de soins infirmiers à l'institut de formation de Grenoble

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ? 

Témoignage - N.BOUGENAYA

Il y a plusieurs mois, j’ai effectué des démarches pour intégrer l’unité locale d’Echirolles de la Croix-Rouge pour des interventions de terrain. Les besoins de l’unité locale ont évolué au début de la crise et j’ai été contactée à ce moment-là.

Au cours de mes missions, j’ai effectué de la distribution alimentaire auprès de publics en difficulté et des maraudes. J’ai constaté la difficulté à trouver des solutions d’hébergement pour des personnes sans abri et d’autant plus en cette période de crise où les structures sociales trouvant habituellement des solutions d’hébergement étaient saturées. Durant les maraudes et dans ce contexte particulier, j’ai été interpellée par la notion de priorité selon les profils rencontrés. Notre rôle est donc d’apporter une réponse sur le moment, un accompagnement ou une aide matérielle. J’ai parfois ressenti un sentiment d’impuissance. Mais à l’inverse, j’ai aussi vécu des moments de joie, de partage et l’aide que l’on peut proposer apporte du réconfort aux usagers et est une réelle source de motivation pour moi.

Mes missions m’ont aussi amené à effectuer de la distribution alimentaire avec l’unité locale et en partenariat avec le CCAS de la ville d’Echirolles. J’ai constaté que la présence de la Croix-Rouge française rassure, elle est gage d’expérience et d’expertise.

Pourquoi avoir souhaité de vous mobiliser ?

Effectuer ma formation avec la Croix-Rouge française n’est pas le fruit du hasard : c’est un choix. Ce projet de formation s’inscrit dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Je viens du milieu de l’enseignement. Les valeurs portées par l’association sont des valeurs qui m’ont toujours accompagnées au cours de mon parcours. Etre en formation avec la Croix-Rouge française, c’était pour moi une manière d’être en phase avec qui je suis. J’avais le désir d’aller plus loin et d’aider l’association dans ses missions de terrain. Je me sens vivante en étant utile à l’autre. Après m’être rendue utile dans l’enseignement, c’est sur le plan de la santé que je voulais apporter ma contribution. L’important, c’est de faire vivre les valeurs qui nous animent et c’est ce que j’essaie de faire au quotidien en tant que maman, étudiante et professionnelle.

Cette mobilisation conforte mon orientation professionnelle. J’ai hâte de découvrir la suite de la formation. Cette reconversion, c’est aussi sortir d’une zone de confort. J’ai conscience que j’ai choisi de me former à un métier qui propose une large diversité de lieux d’accueil et de pratiques.

Cette mission de bénévolat m’a permis de relever la place que peuvent avoir des soignants au cœur d’une équipe de bénévoles pour apporter des connaissances et des compétences complémentaires à celles des travailleurs sociaux.

Si je n’avais pas été mobilisée avec la Croix-Rouge, j’aurai cherché à prendre part à la crise par un autre moyen. C’est une marque de solidarité et c’est aussi une manière de ne pas céder à la panique.

Votre mobilisation a-t-elle eu un impact sur votre quotidien ?

Je suis mère de famille, j’ai 4 enfants. Je les aie et consultés autour de cette mobilisation pour qu’ils aient conscience de ce que cela implique sur leur quotidien. C’est aussi un moyen de partager avec eux les valeurs qui m’animent et les aider à développer une forme d’empathie. Ils m’ont soutenu et m’ont encouragé à le faire.

Sur le plan matériel, je prends des précautions pour ne pas faire prendre de risques à ma famille : je retire mes vêtements avant d’entrer chez moi puis je me douche. Ensuite, je reprends une vie « normale ».

Zoé, élève aide-soignante à l'institut de formation de Grenoble

Justine, élève aide-soignante à l'institut de formation de Saint-Etienne

Jonathan, 2e année de soins infirmiers à l'institut de formation de Saint-Etienne

Dans quel cadre êtes-vous mobilisé ?

Je suis en formation d’infirmier, en formation continue et je suis retourné chez mon employeur. Il s’agit d’un centre hospitalier. J’y ai repris mes fonctions d’aide-soignant et je suis affecté aux services COVID et réanimation.

Qu’est-ce qui a changé depuis le début de la crise ?

Depuis le début de la crise, les équipes ont été redéployées. L’occupation des services est élevée mais il y a le personnel nécessaire pour gérer dans de bonnes conditions. Le personnel soignant s’est adapté pour optimiser le temps pour une meilleure prise en charge. Les protocoles pour la gestion de la fin de vie ont été revus et adaptés.

Nous faisons notre possible pour prendre du temps avec les patients tout en étant très vigilants de ne pas nous exposer et ne pas prendre de risques. Nous sommes le seul lien qu’on les patients atteints du COVID-19. Ils ne voient pas leurs familles et peuvent uniquement communiquer par téléphone ou Skype. La situation est difficile à vivre pour eux.

Pour optimiser notre temps et réduire les risques, nous avons revu notre manière de procéder. On limite et optimise les passages en chambre et on prépare tout le nécessaire avant de sortir des chambres pour que les patients aient tout ce dont ils sont besoin. Les patients ont conscience de notre charge de travail. Ils l’acceptent bien qu’ils subissent cette situation et ils font en sorte de nous solliciter le moins possible.

Comment vous positionnez-vous dans ce contexte ?

J’ai repris mes fonctions d’aide-soignant mais je suis aussi étudiant infirmier et les heures que j’effectuent vont me permettre de valider mon stage. Je ne peux pas me contenter d’effectuer mes missions d’aide-soignant, je dois aussi prendre la posture de l’étudiant infirmier et avoir une curiosité professionnelle. Comme je travaille de nuit, les infirmiers sont relativement disponibles et je peux plus facilement les solliciter, les interroger. Ils prennent le temps de m’accompagner. Je ressens une solidarité des soignants envers les étudiants. Ils ont la volonté de transmettre leurs savoirs et leurs compétences. C’est une forme de soutien : nous sommes tous dans le même bateau. Nous sommes leurs futurs collègues et ils prennent à cœur de nous accompagner dans notre formation en partageant leur expérience.

Quelle incidence a cette mobilisation sur votre quotidien ?

Au début, j’avais peur. Je ne savais pas si j’aurais les protections nécessaires. J’ai des enfants et j’avais donc la crainte de contaminer ma famille. Je prends mes distances avec eux même si je suis, aujourd’hui, plus rassuré. Si les équipements n’avaient pas été adaptés, j’aurais pu remettre ma mobilisation en question.

Pourquoi être retourné chez votre employeur ?

Retourner chez mon employeur me paraissait évident. Je devais être présent pour soutenir mes collègues. Je ne me serai pas senti à ma place chez moi. D’autre part, j’ai un stage à réaliser pour poursuivre ma formation et je ne voulais pas mettre en péril ma formation.

 Que vous apporte cette expérience ?

En tant qu’aide-soignant, je n’avais jamais vécu de situation similaire. Cette situation n’entrave en rien ma motivation. L’expérience que j’ai déjà acquise me permet d’avoir un certain recul. Cette mobilisation me semble bénéfique dans ma formation. Je ne pense pas revivre cela au cours de ma carrière.

Que pensez-vous de la reconnaissance témoignée au personnel soignant ?

C’est encourageant mais éphémère. Dans quelques mois les gens auront oublié. Pour moi, ce qui compte c’est davantage la solidarité entre le personnel soignant et que je constate au quotidien. Les équipes sont proches et l’entre-aide se met en place facilement, même en inter services.

Ilheme, 3e année de soins infirmiers à l'institut de formation de Lyon

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ?

I.BECHAR

Je suis en formation continue et je suis retournée chez mon employeur dès le début du confinement. Il s’agit d’un EHPAD et j’ai repris mes fonctions d’aide-soignante. Je ne pouvais pas rester chez moi en sachant que mes collègues auraient besoin d’aide.

Qu’est-ce qui a changé depuis le début de la crise ?

Nous n’avons pas de trame fixe. Nous devons nous adapter en fonction des informations que nous recevons et nous nous devons d’être réactifs. Mon service a été transformé en service COVID et nous recensons des cas dans les résidents et les salariés. Nous avons une vingtaine de cas.

Le trafic au sein de l’EHPAD a été revu pour éviter les passages. Des services ont ainsi été fermés. Tout l’EHPAD est confiné et les repas sont servis en chambre. Notre quotidien de soignant est donc impacté et le rythme est plus intense. Nous prenons plus de temps pour nous équiper et respecter le règles strictes d’hygiène. Nous sommes sur le qui-vive pour ne pas nous infecter. Nous réduisons les contacts au sein de l’équipe et nous avons diminué nos communications.

Mes missions ont évolué. L’accompagnement a pris une place prépondérante dans mon quotidien. C’est mon objectif principal. Ma hantise, c’est qu’un résident malade parte seul. Ils ne peuvent pas voir leurs proches donc je considère que c’est de mon devoir d’être auprès d’eux et d’assurer ce rôle. C’est une situation difficile pour les résidents, pour les familles et pour les soignants.

Quelle incidence a cette mobilisation sur votre quotidien ?

Je prends des précautions supplémentaires : douche en finissant mon service, je me déshabille dans mon garage avant de rentrer chez moi et je me douche de nouveau en arrivant. J’ai 4 enfants. Je ne les embrasse plus pour ne pas faire prendre de risques à ma famille.

Qu’est-ce-que vous apporte cette expérience ?

Cette expérience a changé ma façon de voir les choses et de percevoir mon rôle de soignant. Mes priorités ne sont plus les mêmes. Je me sens plus confiante, plus forte et cela conforte mon investissement pour faire cette formation et devenir infirmière. Je sais que j’ai trouvé ma voie, je veux apporter du bien être aux personnes que j’accompagne.
Je suis fière d’être soignante, de prendre part à la lutte de cette crise et de tenir un rôle.

Chloé, 2e année de soins infirmiers à l'institut de formation de Valence

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ?

Témoignage - C.VILLERET

Je suis mobilisée en stage, dans le cadre de ma formation. Je devais réaliser ce stage au sein d’un hôpital de jour mais celui-ci a dû fermer au début de la crise. J’ai donc réintégré l’hôpital de Tournon avec lequel j’avais déjà travaillé.

Quel est le quotidien au sein de cet établissement ?

L’hôpital s’est réorganisé pour accueillir les patients contaminés. Des services ont été fermés et 20 lits sont dédiés à l’accueil de cas #COVID19. Actuellement, nous comptons 5 cas stabilisés. En terme d’équipements, tous les services sont dotés de matériels adaptés : nous avons chacun une tenue professionnelle par jour en plus des masques que nous changeons toutes les 4 heures.

La procédure pour la prise en charge des patients a elle aussi évolué. A l’entrée, nous prenons la température de chaque nouvel arrivant. Les repas sont servis uniquement en chambre et toutes les chambres doubles ont été transformées en chambre seule.

Des membres des équipes soignantes ont été touchés par le virus. Nous nous réorganisons pour qu’il y ait un roulement du personnel entre les services et pallier aux éventuels besoins.

C’est un stage particulier que je vis. Mes missions n’ont pas changé mais je constate une plus grande confiance de la part des infirmières qui me suivent. Malgré le contexte, elles m’accompagnent, sont disponibles et à l’écoute.

Votre mobilisation a-t-elle une incidence sur votre quotidien ?

Je suis vigilante et prends toutes les précautions nécessaires sur mon lieu de stage pour que mon activité n’ait pas d’incidence sur ma vie personnelle. La situation ne m’effraie pas. Je relativise, même si je reste consciente des risques.

Que représente cette mobilisation pour vous ?

C’est important de venir soutenir nos futurs collègues. Nous sommes étudiants, mais nous sommes utiles et c’est important pour moi d’être présente. Si je n’avais pas été mobilisée sur un établissement de santé dans le cadre de ma formation, j’aurai cherché à me rendre utile par un autre moyen. Pas nécessairement dans le secteur sanitaire, mais dans un secteur où il y a des besoins.

La mobilisation des soignants est reconnue et soutenue. Sur les autoroutes, j’ai pu voir des messages de soutien qui nous étaient adressés. En ville, à l’occasion d’un déplacement pour une patiente, nous étions arrêtés à un feu rouge. Une dame a couru devant l’ambulance pour faire un cœur avec ses mains en guise de reconnaissance. On se sent soutenu dans cette mission est c’est une grande fierté de prendre part à ce travail.

Comment s’organise votre formation à distance ?

La communication s’est mise en place rapidement à distance et nos formateurs nous tiennent informés dès qu’ils ont eux aussi des nouvelles sur le déroulement de la formation. Aujourd’hui, je suis en stage et ils prennent régulièrement des nouvelles. Ils nous soutiennent énormément.

Léa, 1re année de soins infirmiers à l'institut de formation de Saint-Etienne

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ? 

Témoignage - L.PETIT

Je devais être en stage au sein de cet EHPAD à cette période de l’année, mais au début de la crise nos stages ont été annulés. J’ai alors demandé à cette même structure si elle avait besoin d’aide. La résidence manquait de personnel et avait effectivement besoin de renforts.

Comment s’organise le quotidien au sein de l’EHPAD ?

L’organisation et l’ambiance ne sont pas les mêmes. On ressent du stress au sein des équipes. Nous nous posons beaucoup de questions. D’autre part, notre rôle auprès des résidents a changé. Ils sont confinés en chambre et ne voient plus leurs familles. Ils comptent beaucoup sur le personnel soignant pour trouver un peu de compagnie, de réconfort et de soutien psychologique.

Concernant les pratiques professionnelles, les mesures d’hygiène sont beaucoup plus strictes. Les tenues sont adaptées (masques, gants) et nous sommes encore plus rigoureux sur le lavage des mains entre chaque soin.
En cas de suspicion d'un cas de coronavirus, nous devons appliquer les mesures complémentaires : sur-blouse, tablier, sur-chaussures, visière de protection ou lunettes.

Cette expérience confirme-t’elle votre orientation professionnelle ?

Nous ne sommes pas dans cette filière par hasard. Lorsque l’on entre en école d'infirmière on ne s’attend pas à vivre une telle situation. Toutefois, être en contact avec des malades va être notre quotidien. Au début, c’est effrayant de se dire que nous allons sortir de chez nous et prendre des risques. Je le fais pour les patients qui chaque jour ont besoin de notre présence à leurs côtés. Il y a des jours plus difficiles que d'autre, surtout lorsque l'on apprend que sa propre famille est touchée. Mais en arrivant à l’EHPAD, je laisse la tristesse aux vestiaires et je prends ma blouse blanche et mon plus beau sourire pour aller auprès des personnes âgées qui ont plus que tout besoin de réconfort.
Nous nous formons à un beau métier, j’en suis convaincue. Cette expérience me confirme que j’ai trouvé ma voix : je veux faire mon possible pour la santé des autres.

Charline, 2e année de soins infirmiers à l'institut de formation de Lyon

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ?

C.GARDETTE

Depuis le début de la crise, je travaille dans un EHPAD pour lequel j'avais déjà travaillé durant l’été ou les week-end. Pour faire face à la crise sanitaire, ils avaient besoin de renforts et étaient en sous-effectifs. J’ai donc tout naturellement accepté de venir en renfort. C’est important pour moi de pouvoir apporter mon aide et de soutenir mes collègues durant cette période. En étant à leurs côtés, je me sens utile.

 Le COVID-19 a t’il entraîné des changements dans l’organisation de l’EHPAD ?

Les résidents doivent rester confinés en chambre et les temps collectifs sont supprimés par mesure de précaution. Les repas sont servis en chambre. Cela nous demande plus de temps c’est pourquoi nous avons dû aménager les horaires des services. Cela explique aussi la nécessité d’avoir du personnel supplémentaire.

Etes-vous contrainte de changer certaines pratiques professionnelles ?

Nous n’avons pas de cas de COVID-19 au sein de la résidence, qu’il s’agisse des personnes accueillies ou des soignants. La nouvelle organisation de l’EHPAD a été mise en place dès le début de la crise. Il s’agit de prévention : si des cas se présentaient, nous avons déjà un roulement qui permet de limiter les contacts et la contamination.

Les missions que j’effectue au sein de l’EHPAD sont les mêmes qu’habituellement : aides à la toilette, repas. Seuls le matériel et les équipements que nous utilisons changent : nous portons des masques, des lunettes et des sur-blouses.

Cette situation nécessite t’elle d’adapter votre quotidien ?

Je prends des précautions supplémentaires pour ne pas mettre ma famille ou les patients de l’EHPAD en danger. La douche est systématique avant et après ma prise de poste. Je suis aussi vigilante avec les vêtements que je porte. Lorsque j’arrive chez moi, je me change.

A cette période, je devrais être en cours. Ma formation se poursuit en distanciel via des cours numérisés et l’accompagnement de nos formateurs à distance. J’ai pu aménager mon temps de travail et mes horaires pour me permettre de poursuivre ma formation en parallèle de ma présence à l’EHPAD

Etre acteur et apporter ma contribution pendant cette crise est important pour moi et confirme mon orientation professionnelle.

Julie, 3e année de soins infirmiers à l'institut de formation de Lyon

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ?  

Témoignage - J.COULANGE

Au début de la crise, l’institut nous a proposé de nous mobiliser pour apporter notre aide aux établissements de soin de la région. L’EHPAD dans lequel je travaille actuellement, à Caluire et Cuire (69), était en sous-effectifs et avait besoin de renforts. Il me paraissait normal d’être volontaire et d’être sur le terrain.

Quel est le quotidien en période de crise sanitaire au sein de l’EHPAD ?

Il y a des cas de COVID-19 dans la résidence où je suis. De ce fait, des protocoles spécifiques ont été mis en place :

  • Équipement et renforcement de l’hygiène pour effectuer les soins aux patients contaminés
  • Durant les relèves, les températures de chaque soignant sont prises et nous respectons les distances de sécurité entre nous
  • Les résidents sont confines en chambre. Selon les pathologies, certains peuvent être équipés de masques
  • Chaque soignant dispose de son matériel attitré pour éviter tout partage

Les repas et les activités collectifs sont supprimés pour éviter les rassemblements. Les repas sont servis en chambre. D’autre part, les visites des familles sont interdites. C'est une situation difficile pour les résidents. Nous avons donc mis en place des temps d’échanges via Skype avec les familles pour maintenir le contact.

Le rythme est plus soutenu depuis le début de la crise. Il faut individualiser les interventions auprès de chaque résident. Comme il n’y a plus de temps collectifs ni de visites, ils sont demandeurs de compagnie. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’être suffisamment nombreux au sein des équipes. Cela permet de prendre le temps avec chacun.

 Pourquoi avoir choisi de vous mobiliser ?

Apporter mon aide aux professionnels soignants, je considère que c’est de mon devoir. Les établissements ont besoin de nous, étudiants, pour faire face à cette crise. Cela me paraissait donc normal d’être mobilisée et de pouvoir aider, par solidarité avec les professionnels de santé.

Loana, 3e année de soins infirmiers à l'institut de formation de Lyon

Dans quel cadre êtes-vous mobilisée ?

Témoignage - L.LACAN

Actuellement je devrais être en stage. Je n’ai pas de cours à distance et j’étais donc disponible. Lorsque la crise a débuté, j’ai demarché des établissements avec lesquels j’avais déjà travaillé pour leur proposer mon aide, spontanément. Je suis actuellement en poste au sein d'un centre hospitalier, comme aide-soignante.

Décrivez-nous votre quotidien au sein de cet établissement 

Je travaille au sein d’une équipe qui intervient en roulement uniquement sur les services COVID. Au total, 7 services de l’hôpital ont été organisés pour accueillir des patients atteints du COVID-19. La prise en charge des patients est totalement différente de ce que j’ai pu voir durant mes stages. Nous devons l'individualiser pour chaque patient.

La sécurité des patients comme du personnel est essentielle et passe par un nettoyage renforcé des locaux, un habillage spécifique avec diverses protections ainsi qu’un nombre limité d’entrée dans les chambres.

Notre rôle auprès des patients a lui aussi changé. Les patients sont isolés et confinés en chambre. Ils cherchent du contact et de la compagnie et nous sollicitent plus fréquemment. Le relationnel tient donc une place importante.

En termes d’organisation, de nouvelles procédures ont vu le jour dès le début de la crise. Cependant, les consignes évoluent quotidiennement en fonctions des informations que nous recevons et nous adaptons nos pratiques pour mettre en place les meilleures solutions qui soient. D’ailleurs, dès mon arrivée j’ai bénéficié d’une formation hygiene spécifique COVID-19. 

Pourquoi avoir choisi de vous mobiliser ?

J’ai choisi le métier auquel je me forme par passion. Travailler durant cette période de crise, c’est saisir l’occasion d’enrichir mon expérience professionnelle comme soignante. C’est un contexte inédit qui nous sort du quotidien que nous avons pu voir en stage. C’est très formateur. D’autre part, une situation telle que celle-ci fait partie du métier. Il faut y être préparé. Et je ne me voyais pas rester les “bras croisés”. Nous sommes étudiants, mais nous avons des compétences et il me paraissait important de pouvoir les mettre à disposition pour apporter ma contribution.

Votre mobilisation a-t-elle une incidence sur votre quotidien ?

Je ne vis pas seule donc je me dois de prendre des précautions. Je ne prends plus les transports en commun et me déplace exclusivement en voiture. Pour ne pas prendre le risque de contaminer les autres ou de me contaminer moi. Je fais aussi très attention à l’hygiène. Je me lave les mains plusieurs fois avant de quitter l’hôpital et j’ai du gel hydroalcolique dans la voiture que j'utilise avant de prendre le volant. En arrivant chez moi, je me douche et je lave mes vêtements. Ce sont des précautions essentielles pour mon entourage.
Je constate aussi que le rythme est plus soutenu et demande beaucoup d'énergie. Il faut être à 100% et vigilent en permanence.

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